jeudi 28 octobre 2010

Monseigneur Léonard ne prend plus ses gouttes...

Monseigneur Léonard, Primat de Belgique, a manifestement interrompu le traitement que l’on est en droit de croire qu’il suivait. Ou alors il est inscrit au programme : « à chaque semaine sa gaffe ». Ou alors encore, il pratique un sens de l’humour très particulier.

Ainsi, mi octobre, on apprenait, grâce à la republication d’un ouvrage ancien que l’Archevêque considérait le Sida comme une forme de « justice immanente ». Le 23 octobre il comparait l’homosexualité à …l’anorexie. Quand au préservatif, ce serait « la roulette russe ».Ni plus ni moins.

Ce mercredi 27 octobre, dans une interview à la RTBF (la télévision publique francophone belge), il déclarait que le fait de traduire en justice des abuseurs qui ne sont plus en fonction s’assimilait à « une sorte de vengeance», de la « vindicte poussée jusqu’au bout ». Est-ce que les victimes « souhaitent vraiment qu’un prêtre de 85 ans, soit maintenant, tout d’un coup, mis au pilori, décrié publiquement ? ». Ben non, pensez-vous, s'il a seulement violé un petit garçon (ou même une petite fille) on ne va quand même pas en faire tout un plat...

Le simple fait que ce malheureux prêtre n’ait pas été « mis au pilori » dix, vingt ou trente ans plus tôt, c'est-à-dire au moment de ces crimes soit du, pour l’essentiel, à la protection de l'église catholique semble totalement échapper au malheureux archevêque.

En tout état de cause pas de justice immanente pour les prêtres abuseurs ! Ni de justice tout court, d’ailleurs. Récitez moi deux Ave et trois Pater et ce sera bon !

Je ne suis pas catholique et le fait que les propos scandaleux de Mgr léonard vident les bancs des Eglises me concerne donc assez peu. En revanche, la pollution du discours public que représentent ces déclarations nauséabondes me choque.

Osons une dernière hypothèse : Mgr léonard n’est ni un grand malade privé de ses gouttes, ni un gaffeur impénitent ni même un humoriste qui s’ignore. Il est simplement, sur le plan des questions de société, un peu à la droite d’Attila.

mercredi 14 juillet 2010

L'Argent de Mme Bettencourt

Les médias continuent à se déchaîner sur l'utilisation que Mme BETTENCOURT fait (ferait?) de son immense fortune. Ainsi, on apprend ce matin qu'elle aurait fait don de 5 millions d'Euros à son gestionnaire de fortune. Don effectué devant notaire et ayant donné lieu au paiement de 3 millions d'impôts. Une bonne affaire pour M. MAISTRE, donc, mais aussi, incontestabelemnt,une bonne affaire pour le Trésor public...

Las, même le courrier des lecteurs du quotidien "Le Figaro" regorge de commentaires aggressifs qui révèlent surtout une méfiance profonde pour ne pas dire une haine profonde de l'argent.

On peut s'interroger sur le fait de savoir si Mme BETTENCOURT paie tous les impôts dont elle est redevable, certes, et s'inquiéter du fait que certains auraient pu abuser d'une "faiblesse" supposée due à son âge (quoi que je connaisse de brillants intellectuels quasi-centenaires comme Bernard Lewis, qui ne montrent aucune faiblesse...)Et il est tout à fait admissible que l'on estime que ces deux points doivent être éclaircis.

Mais pour le reste, un principe de base, que tout un chacun pourrait partager, me semble-t-il (et sans être un "ultra-libéral"), voudrait que chacun fasse ce qu'il veut de son argent. Mme BETTENCOURt veut faire des dons? Grand bien lui fasse! En quoi cela regarde-t-il les médias ou le public?

Cette haine de l'argent qui caractérise la France nous plombe depuis trop longtemps alors que nous devrions nous réjouir qu'il y ait des "riches" (et on en manque de plus en plus en Europe!) qui contribuent aux dépenses publiques, consomment et donc font tourner l'économie et créent des emplois...

Aux Etats-Unis, ce sont les mêmes grandes fortunes qui créent des musées, des hôpitaux, des écoles, des parcs. Et personne ne s'en plaint.

Sauf à penser que nous devrions entrer dans un système socialiste.... Mais ce n'est manifestement pas le choix de l'électeur.

Alors: vive l'argent!

mardi 27 avril 2010

Belgique: la crise finale?

Après une longue absence, certes inexcusable mais qui s’explique par pas mal de dossiers urgents accumulés sur ma table de travail, le hasard veut que ce nouveau « post » traite, en fait, d’un sujet assez proche du dernier message qui avait été mis en ligne.

Ce n’est pas vraiment ma faute. Et ce n’est pas que la Belgique me passionne particulièrement mais c’est que c’est l’actualité qui dicte mes mots. Je ne peux donc qu’y aller, moi aussi, de mon petit commentaire.

L’actualité, bien entendu, c’est cette chute « inattendue » à en croire certains, du gouvernement belge. A vrai dire, elle ne me semble « inattendue » que pour ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont jamais vraiment voulu prendre le discours flamand au sérieux. Personnellement, il y a onze ans déjà, dans un livre presque prémonitoire (1), j’écrivais pourquoi la Belgique est condamnée.

Je ne reviendrai que pour mémoire sur ce que beaucoup ont déjà dit (même si je partage leur opinion) : faire tomber un gouvernement sur une question telle que la scission de BHV à deux mois du moment où la Belgique assumera la présidence tournante de l’Union européenne est plus que stupide, c’est scandaleux. Sauf bien sur si, pour ceux qui le font tomber le terme « Belgique » ne recouvre plus rien et que cette « présidence belge » ne les intéresse que médiocrement au regard de leur agenda politique nationaliste.

Et c’est sans doute là le problème. Depuis trop longtemps, le discours politique, en Flandres, est confisqué par ceux qui pratiquent la surenchère nationaliste. Les libéraux du VLD, qui, jusqu’à présent s’étaient montrés plutôt modérés sur cette question, ont décidé de les rejoindre. Grand bien leur fasse.

Le « front » des partis francophones semble solide et on peut espérer qu’il le restera, même si, pour cela, il faut faire violence à certains sentiments des Francophones. Car, en définitive, il y a quelque chose de pathétique dans la manière dont l’opinion Francophone s’accroche (sentimentalement ?) à l’idée de Belgique et à une royauté à bout de souffle.

Face à ceux des Flamands (majoritaires ?) qui pensent ne plus avoir besoin de la Belgique et souhaitent voler de leurs propres ailes, il faudrait que les Francophones aient enfin le courage de dire que la Belgique ne les intéresse que dans la mesure où elle garantit leurs droits, y compris, bien entendu, dans la périphérie de Bruxelles. Si le prix à payer pour continuer ce pays vidé de toute substance et de sacrifier ces droits, alors, tant pis pour la Belgique !
Mais cela sous-entend qu’une solidarité active est nécessaire entre Wallons et Bruxellois, et, trop souvent par le passé, nous avons eu l’impression, à Bruxelles, de ne pas être vraiment aimés par la Wallonie…

Mais si le pays en vient à éclater, il est évident que tout ce qui a été décidé jusque là – et qui n’avait d’autre but que de permettre le « vivre ensemble » dans un Etat commun - pourra être remis en question et devra l’être.

Ainsi, Bruxelles, capitale très théorique de la Flandre puisque peuplée par moins de 10% de flamands, échappera à la mère Flandre. De même certainement que celles des communes à facilité dans lesquelles les Francophones sont majoritaires. Cela fera peut-être mal à la Flandre, mais cela résoudra la question de la continuité territoriale entre la Wallonie et Bruxelles.

Nous n’en sommes pas là, me dira-t-on ? Certes ! Mais en sommes-nous vraiment si loin ?

(1) "Les Dossiers Noirs de la Belgique", Editions Michel Lafon, Paris, 1999.

jeudi 4 mars 2010

Guy Verhostadt, "l'identité nationale", la Flandre et le "reliquat du passé"

Il y a deux semaines, Monsieur Guy Verhofstadt, ex –Premier ministre « libéral » belge, estimait dans les colonnes du quotidien « Le Monde » que le débat français sur « l’identité nationale » révélait «quelque chose de pourri » en France. Quelques jours plus tard, il ajoutait, dans la presse belge, cette fois que "la recherche unidimensionnelle d’une identité collective conduit à des « Bunkers » ethniques, nationaux culturels ou religieux qui enferment l’individu…"

Quelle sagesse, quelle générosité, quelle profondeur d’analyse et quelle haute vision morale ! On regrettera simplement que M. Verhofstadt, toujours aussi brouillon, se permette ce genre de jugement du point de vue qui est le sien : celui d’un des principaux politiciens (« homme d’Etat » serait lui faire trop d’honneur…) flamands.

Car s’il est un peuple qui se « bunkérise » au nom de « l’identité unidimensionnelle », aujourd’hui, c’est bien le peuple flamand. Selon l’ineffable ex « Numero uno » (le surnom que lui avaient donné ses « amis » et qui trahit bien ses penchants autoritaires), l’Europe des Nations serait « un reliquat du passé ». Certes, mais là encore, la Flandre a peu de leçons a donner.

La région flamande dont l’ ex Leader maximo est un pur produit s’est dotée, il a quelques temps,d’un décret réduisant le droit des citoyens belges non flamands (donc, sans doute,de sang impur) à s’installer en Flandre. Simple effet de muscle d’une région perdue dans un rêve absurde ? Pas vraiment.

Le quotidien « Le Soir » nous a appris aujourd’hui qu’un couple de Bruxellois (malheureusement francophone) s’était vu refuser le droit de s’installer à Dilbeek, commune flamande limitrophe à Bruxelles. Comprenons-nous bien : un gentil couple avait acheté une maison à un gentil vendeur. Un acte privé, entre personnes privées et relevant des libertés individuelles et même constitutionnelles avait donc été passé devant un notaire. Dans toute démocratie, cela aurait été suffisant. Pas en Belgique : la « Commission d’Evaluation Provinciale » (CEP) refuse la vente au motif de « liens [des acheteurs] insuffisants avec la commune ». Appel des deux parties. Confirmation de la décision première…

Où est la Bunkérisation ? Quand au « reliquat du passé », on fera remarquer à M. Verhofstadt que l’Afrique du Sud de l’Apartheid interdisait, jusqu’en 1991, le mélange des « races » et que l’URSS communiste mettait des entraves sérieuses au mouvement de ses citoyens à l’intérieur de ses frontières. Etant donné le passé douloureux de la Flandre et sa sensibilité à cette triste question, on aura la bonté de ne pas rappeler que l’Allemagne nazie, elle aussi, avait pour vocation de préserver la pureté du sol et du sang.

Bref, l’éternelle histoire de la paille et de la poutre. S’il n’y avait, derrière tout cela une insupportable intrusion de l’Etat dans la vie la plus privée de ses citoyens et une violation absolue des libertés élémentaires et des droits constitutionnels, on se contenterait d’en rire et de dire que le « Numero Uno » a été grotesque.

jeudi 18 février 2010

Le Pinot noir et ses fraudeurs


Ca commence comme une belle idée, ça se concrétise en une magnifique réussite commerciale et cela se termine en une minable escroquerie : c’est l’histoire de quelques viticulteurs français qui, à l'assaut du nouveau monde, ont, une fois de plus, préféré la fraude au travail bien fait.

En 2006, la demande en Pinot noir explose aux Etats-Unis. Gallo, l’un des principaux négociants du nouveau monde est déjà en affaires depuis quelques années avec la coopérative Sieur d’Arques, à Limoux qui lui fournit les vins de sa gamme « Red Bicyclette », composée exclusivement de produits français et qui remporte un vif succès outre atlantique (une preuve parmi d’autres que le French Bashing a des limites…).

Tout naturellement, la société américaine demande à Sieur d’Arques de la fournir en Pinot, celle-ci s’adresse à des sous-traitants – entre autres la maison Ducasse, à Carcassonne - et vend aux Etats-Unis 18 millions de bouteilles. Un succès pour une filière du vin qui aime à se présenter comme sinistrée (encore un mal bien français, dans d’autres pays on préfère vanter ses réussites, mais dans l’hexagone, on se complait dans les lamentations…) .

Las, l’administration française se rend compte, en 2008, que Ducasse a vendu 53 889 hectolitres de Pinot noir alors que la région n’en produit que 53 000 par an. Problème… L’enquête prouvera que le « Pinot » est un mélange de Syrah et de Merlot, deux cépages nettement moins chers.

Hier, 17 février, le tribunal de Carcassonne a condamné 12 fraudeurs à des peines de prison avec sursis et à des amendes de 3000 à 180 000 Euros. Moi, je les aurais plutôt suspendus par les c… aux portes de la ville, ou bien je les aurais noyés dans leurs cuves, parce que le vin, quand même, c’est sérieux !

Cette pénible affaire ne serait qu’anecdotique si, en définitive, elle ne faisait un tort considérable à la viticulture française et, de manière générale au « made in France » qui, dans le domaine agro alimentaire est (encore) considéré comme une valeur sûre. D’autant que cette triste péripétie survient après de nombreux autres scandales qui ont touché des maisons parfois prestigieuses et des vins illustres..

La France a déjà du mal à vendre ses rafales et ses EPR, sans parler de ses chars Leclerc. Encore un effort, messieurs les fraudeurs, et vos vins rejoindront ce lamentable catalogue. Ne vous plaignez plus, donc, si le drapeau tricolore agit davantage comme un répulsif que comme un aimant…

mercredi 17 février 2010

Une catastrophe ferroviaire et le concept de "responsabilité"

Je ne suis pas un spécialiste de la mobilité ni des chemins de fer, c'est entendu. Je n'ai donc aucun avis "technique" autorisé à donner sur le drame de Hal. En revanche, citoyen et payeur d’impôts d’une part, observateur du monde depuis plus de trente ans d’autre part, je m'y connais un peu en "bonne gouvernance". Je m'en tiendrai donc là.

Cette tragédie, la deuxième à endeuiller le rail belge en moins de dix ans, aurait, semble-t-il, pu être évitée. C'est ce que disent d'ores et déjà plusieurs hauts responsables, dont Luc Lallemand, directeur d'Infrabel (qui gère les réseaux ferroviaires) qui pointe du doigt l'absence de système de freinage automatique sur les trains. De fait, ils ne sont en place que sur un nombre limité de trains et ne seront généralisés que dans les années à venir annonçaient, le lendemain de la catastrophe un administrateur délégué de la SNCB qui aurait mieux fait de se taire. Gérard Gelmini, président d'un syndicat de cheminots parle, lui, de "formation rabotée". De fait, sa durée a été raccourcie d'environ 30% ces deux dernières années. Et on pourrait évoquer également les conditions de travail des conducteurs que le stress et des horaires stupides ne peuvent que pousser à la faute.

On pourrait faire remarque, aussi, que la Belgique a trouvé des centaines de millions sinon des milliards pour construire de nouvelles gare ultra-modernes (à Liège, Anvers ou Louvain) mais pas les quelques dizaines de millions nécessaires à améliorer la sécurité des passagers et des personnels.

Quelques soient les causes de l'accident, sur lesquelles la justice aura à faire la lumière, un constat évident s'impose: quelque chose - au niveau technique ou à celui des procédures - n'a pas fonctionné, et ce dysfonctionnement a causé la mort d'au moins 18 personnes. Dans de nombreux pays, les responsables des sociétés impliquées démissionneraient. De même peut-être que l'un ou l'autre politique de haut niveau. Ne devrait-il pas être (simplement) évident que le fait d'être le "patron" impose une responsabilité évidente lorsque tout va mal?

Encore un mot sur M. Kris Peeters, "Ministre Président" de la Région flamande qui déclarait, lundi: "c'est un nouveau jour noir pour la Flandre". Il n’échappera à personne que, si l’accident à bel et bien eut lieu sur le territoire flamand, une grande partie, sinon la majorité, des voyageurs étaient, eux, des Wallons. Ce brillant politique vient Donc d’innover en inventant un concept nouveau : la « communautarisation du malheur ».

Bref, en Belgique, plus tout change plus tout est pareil et ce n’est pas demain, semble-t-il, que la « culture de la responsabilité » s’installera.

dimanche 7 février 2010

Un gamin de 17 ans tué à Paris, mais rassurez-vous: tout va bien....

Vendredi soir, un gamin de 17 ans a été tué à Paris, non loin de la porte Saint-Cloud, dans le seizième arrondissement.Un quartier plutôt calme, de manière générale. Le jeune homme, mort peu après son transfert à l'hôpital a succombé à "plusieurs coups de couteaux".

Dans un communiqué qui se voulait sans doute rassurant, la préfecture de police indique toutefois qu'il ne s'agit pas "d'un règlement de compte entre bandes rivales" mais d'une simple "bagarre entre amis".
Ah, ouf! Nous voilà rassurés. Tout va bien, donc...

Ce genre de communiqué - qui ne fait pas honnneur à l'intelligence de la police française, que je respecte par ailleurs au plus haut point et au sein de laquelle je compte de nombreux amis - m'en rappelle d'autres.

Ceux par exemple, tout aussi stupides, dans lesquels le préfet nous annonce qu'une nuit de la Saint Sylvestre s'est bien déroulée et a été normale parce qu'on a compté "que" 200, 300 ou 500 voitures incendiées dans l'hexagone. J'ai conscience d'être, intellectuellement parlant, un peu limité, mais j'ai toujours pensé qu'une "nuit normale", c'était ZERO voiture incendiée. Tout comme je pense qu'il est peu rassurant qu'une "bagarre entre amis" (???) laisse un mort de 17ans sur le carreau. Mais c'est sans doute mon côté réac.

Dans le même ordre d'idée, l'Etat a été condamné pour "faute lourde", la semaine dernière, pour ne pas avoir été en mesure de protéger un couple de commerçants de la Marne (51) qui avait été braqué 13 fois en une dizaine d'années, toujours selon la même technique (une voiture bélier défonçant la vitrine). Le commissariat de police, il faut le préciser, se trouvait à un peu moins de 400 mètres... Les malheureux recevront dont (plus de dix ans après les faits) 90 000 Euros. Bon, mais entretemps, ils ont été forcés de mettre la clé sous la porte. Pas de chance.

Alors que ce genre de fait-divers se multiplie partout en Europe, depuis des années, des sociologues bien-pensants et autres universitaires brillants (et un peu de gauche, en règle générale, mais nul n'est parfait...) s'évertuent à nous expliquer que l'insécurité est une illusion, un "sentiment d'insécurité" et pas une réalité. D'ailleurs, nous disent-ils, c'était bien pire au début du siècle (de l'autre, évidemment, le vingtième...).

C'est vrai, à l'époque c'était pire. Il faut dire aussi qu'il n'y avait pas d'éclairage public partout, que dans certains quartiers, une rue sur deux était un cloaque, que les enfants travaillaient dans les usines etc. Enfin, on se rassure comme on peut! Je suis certain, d'ailleurs, qu'au seizième siècle, c'était encore bien pire.

Les dits spécialistes se voient confortés dans leur brillante analyse par les statistiques de la police qui, de manière générale, indiquent, depuis longtemps, une baisse régulière de la délinquance et des faits criminels. Ils baissent tellement, ces faits criminels, et depuis si longtemps, qu'on s'étonne d'ailleurs de ne pas encore être à zéro.

Il faudra quand même un jour que la police envisage de faire son travail - qui est de protéger les citoyens et leurs biens, pas de publier des communiqués lénifiants, ni de publier de (fausses) statistiques mais d'arrêter de (vrais) délinquants - et que les politiques lui donnent les moyens (ainsi qu'à la justice) de faire ce travail.

Sinon, un jour ou l'autre, tout cela finira mal. Enfin, pour ce que j'en dit...

mercredi 27 janvier 2010

L'imam de Drancy, visé par les islamistes, la France "alignée" par le New York Times...

Lundi soir, Drancy a été le théâtre d'une scène intéressante mais, malheureusement, guère étonnante. Plusieurs dizaines de personnes ont fait irruption dans la mosquée et s'en sont pris, verbalement mais de façon violente à son imam, Hassen Chalghouni.

M. Chalghouni est connu pour être un bon républicain, respectueux des lois, proche par ailleurs de la communauté juive – il a notamment accueilli dans sa mosquée l’un des principaux dirigeants du judaïsme français, Richard Prasquier -, il avait récemment qualifié la Burqa de "prison pour les femmes" et s'était prononcé pour son interdiction.

Il n'en a pas fallu plus pour qu’une petite centaine d’énergumènes malfaisants envahissent la mosquée à l’heure de la prière et, s’étant emparés du micro, agonisent d’injures « l’imam des juifs », « apostat et mécréant ». Un conseiller de la Conférence des Imams – qui défend le dialogue entre un islam ouvert et les autres courants de pensées et est présidée par M. Chalghouni- a accusé l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF, proches des Frères musulmans) d’avoir manipulé les intrus qui appartiendraient à un groupe « Cheikh Yassine (du nom de l’un des fondateurs du Hamas, lui-même bras armé des Frère musulmans). Ce que l’UOIF a prudemment démenti.

Hassen Chalghouni avait déjà été victime de ce genre d’incidents. En 2006, après avoir appelé les musulmans à respecter la mémoire juive, il avait vu son domicile mis à sac. Et en janvier 23009, pour s’être insurgé contre l’antisémitisme qui fleurissait dans les manifs de « solidarité avec Gaza », il avait eu le plaisir de voir sa voiture en partie détruite.

Comme quoi, s’il existe bien un islam ouvert et tolérant, ses ennemis sont bien présents et de plus en plus actifs. Et comme quoi, la défense du voile (et, en fait, pas seulement du Niqab ou de la Burka) reste l’un des fers de lance de l’islamisme militant.

On notera qu’il n’y a pas que les Frères musulmans que le débat sur le voile et le Niqab rende fous. Dans un éditorial, le New York Times accuse la France de « violer les libertés individuelles » et « d’attiser la haine » en voulant interdire les voiles entièrement couvrants….

Dans un exercice de haute voltige, le NYT renvoie dos à dos les talibans qui ordonnent aux femmes de dissimuler leurs corps sous un voile entièrement couvrant » et la commission parlementaire française qui recommande « l’interdiction des services publics, dont les écoles, les hôpitaux et les transports publics aux femmes qui portent ces voiles… »

On avait connu le phare de la presse libérale américaine mieux inspiré. Une preuve de plus, s’il le fallait, que trop d’Américains ne comprennent pas grand-chose à l’Europe et absolument rien à la laïcité.

Et une preuve également que le politiquement correct reste l’une des principales menaces contre les libertés. Le jour où certains intellectuels comprendront que c’est la tolérance de l’intolérable qui nourrit la haine et le fanatisme, un grand pas aura été franchi.
On peut toujours rêver….

jeudi 21 janvier 2010

Adieu à Jacques Martin


Jacques Martin, le dernier "géant historique" de la bande dessinée belge (même s'il était français)est donc parti rejoindre Hergé, Jacobs, Bob de Moor et quelques autres. Cela laissera sans doute fort peu de "bédéphiles" de mon âge indifférents, car il est l'un de ceux qui a bercé notre enfance. Toujours intéressé par la BD, il m'arrive régulièrement de relire certaines de ses oeuvres et j'avoue y trouver un plaisir sans cesse renouvellé.

Certes, j'avais trouvé - comme d'autres sans doute - que le temps venant, et avec lui une autre manière de voir le monde, sa force scénaristique avait baissé. Mais quel bonheur que de feuilleter, à nouveau,les albums grandioses que sont "Alix L'intrépide", "Le sphinx d'or" ou "L'île maudite" (trilogie fondatrice) mais aussi, "Le tombeau étrusque", "Le dieu sauvage", "Iorix le grand", "La griffe noire" ou encore "Le spectre de Carthage".

J'avoue toutefois que, si j'y ai dévoré les albums d'Alix, j'ai été, surtout, un véritable fan de Guy Lefranc. Avec une nette préférence, une fois de plus pour, disons, les 7 ou 8 premiesr albums et surtout les cinq premiers qui, tant du point de vue du scénario que de celui du dessin et de l'ambiance confinent à mes yeux à la perfection...

Il est probable que le personnage même de Lefranc, ce redresseur de torts infatigable, n'a pas été pour rien dans mon désir de devenir journaliste alors que j'étais encore adolescent. Et je ne suis sans doute pas un cas tout à fait isolé...

Et puis bien entendu, sans simplisme excessif - chez lui, même les "méchants" ont une épaisseur et on peut souvent comprendre ce qui les a amené là... - il y a le message humaniste qui transparaît de chaque aventure des deux grands héros que sont Alix ou Lefranc (je ne cite que ces deux là car je n'ai jamais "accroché" vraiment à Jhen, Arno ou les autres).

Salut Martin, passe le bonjour à Guy et à Alix quand tu les croiseras.

Et merci...

mercredi 20 janvier 2010

Le réchauffement climatique est une pompe à fric pour les Etats...

Ca y est ! Comme le titre "Le Figaro" de ce matin, "la concertation s'engage sur la taxe carbone". Concertation peut-être mais avec une certitude au moins: à l'arrivée, il faudra payer, douiller, raquer, cracher au bassinet. Bref engraisser l'Etat (qui semble en avoir bien besoin).

Le réchauffement climatique est devenu une nouvelle religion écolo-bobo, à laquelle il faut croire et adhérer sans émettre le moindre doute sous peine d'être considéré comme un infâme.

Rien ne sert de rappeller qu'il y a une quinzaine d'années, on nous a déjà fait le coup "du trou dans la couche d'ozone qui n'allait jamais, mais vraiment jamais se refermer et que nous allions tous griller comme les poulets de Kentucky Fried Chicken"... Aujourd'hui, personne n'a grillé et le trou est bien refermé.

Alors, on passe à autre chose. Et les Bobos, toujours à rechercher où ils ont mal, ont découvert - merveille des merveille ! - le réchauffement climatique "qui fait fondre glaciers et banquises, noie les îles et nous fera tous disparaître sauf ceux qui habitent tout en haut de la Tour Eiffel et ils ne sont fatalement pas très nombreux...."

Rien ne sert de faire remarquer que rien n'est prouvé (d'autant plus qu'on sait depuis, le "climatgate", curieusement très largement ignoré par les médias francophones) que pas mal de chiffres ont été truqués, mais passons...

Il est inutile également de souligner que notre terre a connu, dans sa longue histoire, des périodes de réchauffement et de glaciation (notre europe a tour a tout ressemblé à la savane africaine et au pôle nord, bien avant que je commence à rouler en 4X4 et que, donc, le lien entre activité humaine et réchauffement climatique est loin d'être évident.

Et souligner que certains scientifiques qui ne sont pas des nuls (le Prix Nobel de Physique Uvar Giaever, le Prix Nobel de Chimie Kary Mullis, mais aussi Claude Allègre, Marcel Leroux, Vincent Courtillot, David Archibald, Freeman Dyson pour n'en citer que quelques uns) mettent en doute soit le réchauffement lui-même soit ses conséquences, soit son lien avec l'activité humaine ne sera pas plus utile.

Il faut croire, vous dis-je! CROIRE et ne pas poser de question. Vous êtes borné, ou quoi, hérétique!

Et donc, bien tranquillement, surfant sur le boboïsme, nos gouvernants ont compris qu'il y avait là une belle que dis-je, une magnifique pompe à finances (à phynances, aurait dit le Père Ubu...). Et allons-y d'une réduction des charges déductibles sur une voiture polluante, et hop une taxe carbone.... Et ce n'est pas fini. Bref, ce qu'on nous donne d'une main sous la forme de microscopiques réductions d'impôts, on s'empresse de le reprendre de l'autre au nom de la protection de l'environnement.

Loin de moi l'idée de nier l'importance de la pollution, j'aime la nature et les bêtes et même certains humains mais je constate que la Nouvelle Religion sert surtout, pour le moment à faire (bien) vivre une classe moyenne de scientifiques et autres experts qui court d'un sommet à un séminaire (habituellement en avion et donc en émettant plein de CO² mais, bof, qui n'a pas ses petites contradictions) et à faire rentrer le fric dans les caisses sans fond de l'état.

J'en conclus donc que si certaines espèces disparaissent (et, sérieusement, cela me peine), il en est une, d'espèce, qui prospère: le Pigeon!

mardi 19 janvier 2010

Les convertis d'al-Qaïda

Une chaîne de télévision belge, RTL TVI a réalisé un scoop en découvrant, quelque part au Pakistan, un Belge converti à l'islam qui a rejoint les rangs d'al-Qaeda ou de ses épigones Taliban.

Ce qui est le plus surprenant dans cette affaire, c'est que l'on s'étonne, dans de nombreux médias et une partie de l'opinion, de voir un Belge dans les rangs du djihad. Comme quoi, un clou chassant l'autre, trop de journalistes et de citoyens ont la mémoire courte. D'abord, les précédents de convertis européens, australiens ou américains ayant rejoint al-Qaeda sont nombreux: de Christophe Caze et Lionel Dumont du "Gang de Roubaix" à Hervé "Djamel" Loiseau, mort de froid dans les montagnes d'Afghanistan en 2001 ou à l'Australien David Matthew Hicks ("Muhammad Dawood") arrêté dans le même pays la même année, en passant par Adam Pearlman ("Azzam al-Amriki"), ou encore Christian Ganczarski, l'un des organisateurs de l'attentat contre la synagogue de la Ghriba, à Tunis, le 11 avril 2002 (21 morts...)et, bien entendu, la Belge Muriel Delgauque, morte le 9 novembre 2005 dans un attentat suicide en Irak.

En fait, des dizaines de convertis (sinon plus) ont été identifiés (et pour certains d'entre eux arrêtés ou mis hors d'état de nuire) dans les rangs d'al-Qaeda depuis 2001.

Le converti a en effet une double valeur pour la mouvance djihadiste.

Symbolique d'abord: le fait que des personnes nées dans une autre religion rejoignent le combat n'est-il pas la preuve la justesse de la cause? Tactique ensuite: "le djihadiste aux yeux bleus" comme le qualifient certains, peut, par définition, échapper à toute détection s'il adopte un comportement neutre. Blanc, porteur d'un passeport occidental, il peut, par définition aller partout et passer à travers tous les contrôles.

Il sera d'autant plus utilisé dans l'avenir que l'augmentation des contrôles que suscite l'attentat raté du vol 253, à Detroit, le 25 décembre dernier se fera, évidemment, au détriment des populations arabo-musulmanes "classiques" et "typées".

Le "djihadiste aux yeux bleus", lui, échappera toujours aux radars....

lundi 18 janvier 2010

Chasse aux Franc-macs, chasse aux Juifs, chasse aux Bougnoules...

Un des premiers "membres" de ce blog, mon ami "El Negrito" souligne un point intéressant dans son commentaire à mon précédent "post". La "chasse aux Francs-maçons" évoque à ses yeux la "chasse aux Juifs", accusés eux aussi de vouloir mettre la main sur tous les rouages de la société.

Il a évidemment raison et on pourrait même élargir le propos. Car on assiste aujourd'hui, par exemple, au nom de l'indispensable lutte contre l'islamisme et l'intégrisme à une nouvelle flambée de racisme et de rejet de la différence.

Dénoncer les "ils", les "eux", mettre indistinctement tous les membres (réels ou supposés) d'un groupe donné dans le même sac et leur prêter de noirs desseins, c'est faire injure à l'intelligence, c'est faire insulte à la raison et s'adresser aux bas instincts bien davantage qu'à l'esprit. La révolution de l'Habeas Corpus en Angleterre puis les Lumières en France nous ont pourtant appris que chaque homme était unique et ne devait être jugé que sur ses propres actes.

Bien entendu, il y a des Francs-maçons malhonnêtes, des Juifs racistes, des socialistes corrompus, des hommes et des femmes de droite indifférents à la misère et des Musulmans intolérants. Cela signifie-t-il que tous le soient? A l'évidence non.

Alors de grâce, et ce sera ma bonne résolution de ce début d'année sur ce blog balbutiant, méfiant nous des raccourcis, de la schématisation, de la stigmatisation et des multiples injustices et haines qu'elles nourrissent. Et faisons davantage fonctionner cette masse spongieuse que nous sommes tous sensés avoir entre les oreilles et qui s'appele un cerveau...

Le monde - "la création", diront les croyants - et nos sociétés sont multiples et complexes. Ne les regardons pas par le prisme de la simplification qui ne peut que les déformer et voiler d'essentielles vérités....

dimanche 17 janvier 2010

Les fantasmes sur la Franc-maçonnerie font vendre

"Le Point" du 14 janvier y va de sa traditionnelle enquête sur la Franc-maçonnerie, sous la signature (habituelle sur ce sujet) de Sophie Coignard.Thème principal: les "bastions" de la FM dans l'administration et le monde professionnel. L'image globale qui en ressort est, comme trop souvent, celle d'une société occulte à laquelle les profanes adhéreraient pour booster leur carrière. Désolant.

Encore plus désolant est la participation de la même Sophie Coignard, accompagnée cette fois de François Koch ("L'Express") au dossier du numéro "Hiver 2009" de la revue "Médias".

Le titre est déjà tout un programme: "Où se cachent les journalistes Franc-maçons?" Ah bon? Ils se cachent? C'est donc qu'ils ont un programme secret, une idée derrière la tête, et que cette idée n'est pas très nette. Et c'est bien ce qui ressort de ce "débat" assez univoque. Florilège: "La présence des francs-maçons au sein des médias pose un bon nombre de problèmes" (F.K.); "Je n'ai pas de preuves... mais je sais qua ça existe" (Sic! S.C.); "S'ils respectaient mieux les lois de la république et les codes d'éthique ou déontologiques, leur image serait meilleure" (F.K.); "Leur goût du pouvoir est tel que..." (F.K.); "L'obsession des francs-maçons est de s'introduire dans les milieux de pouvoir" (S.C.)...

Bref, on le comprend à la lecture de ce papier, les Francs-maçons journalistes n'existent que pour manipuler, détourner ou bloquer des articles et, plus généralement, pour orienter le flux de l'information dans un sens qui leur serait favorable.

Il est évident que certains Francs-maçons utilisent leur appartenance à des fins intéressées et carrièristes, mais il est triste de réduire plus de 100 000 FM français au rang de tristes magouilleurs et d'oublier que la Franc-maçonnerie est aussi (surtout) une société discrète visant au progrès de l'humanité et pas de ses membres...(en tous les cas, pas au plan matériel, comme me le fait remarquer un lecteur, le progrès individuel étant bien le but de la FM.)

Dans ma carrière journalistique passée (et qui dura quand même vingt ans...) j'ai vu bien plus d'article imposés ou bloqués par le P.S., le RPR, le Pouvoir, un Préfet, de grandes entreprises, les syndicats ou de quelconques lobbies que par une "loge" trop souvent fantasmée (et, je le précise, je n'étais pas FM...)

J'ai vu aussi tellement de journalistes arrondir leurs fins de mois en "faisant des ménages" (la rédaction d'un rapport de fin d'année pour tel grand groupe que l'on "couvre" par ailleurs, par exemple...) ou profiter d'avantages qui leur paraissent aller de soi (invitations diverses, voitures mises à disposition de chroniqueurs automobiles, voyages de presse alibis...) que je me demande si cette profession est si bien placée pour distribuer bons et mauvais points ou pour décerner des certificats de moralité...

Mais je me garderai bien de réduire la presse à cette médiocrité. Elle vaut bien mieux que cela!

La Franc-maçonnerie aussi...