mercredi 27 janvier 2010

L'imam de Drancy, visé par les islamistes, la France "alignée" par le New York Times...

Lundi soir, Drancy a été le théâtre d'une scène intéressante mais, malheureusement, guère étonnante. Plusieurs dizaines de personnes ont fait irruption dans la mosquée et s'en sont pris, verbalement mais de façon violente à son imam, Hassen Chalghouni.

M. Chalghouni est connu pour être un bon républicain, respectueux des lois, proche par ailleurs de la communauté juive – il a notamment accueilli dans sa mosquée l’un des principaux dirigeants du judaïsme français, Richard Prasquier -, il avait récemment qualifié la Burqa de "prison pour les femmes" et s'était prononcé pour son interdiction.

Il n'en a pas fallu plus pour qu’une petite centaine d’énergumènes malfaisants envahissent la mosquée à l’heure de la prière et, s’étant emparés du micro, agonisent d’injures « l’imam des juifs », « apostat et mécréant ». Un conseiller de la Conférence des Imams – qui défend le dialogue entre un islam ouvert et les autres courants de pensées et est présidée par M. Chalghouni- a accusé l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF, proches des Frères musulmans) d’avoir manipulé les intrus qui appartiendraient à un groupe « Cheikh Yassine (du nom de l’un des fondateurs du Hamas, lui-même bras armé des Frère musulmans). Ce que l’UOIF a prudemment démenti.

Hassen Chalghouni avait déjà été victime de ce genre d’incidents. En 2006, après avoir appelé les musulmans à respecter la mémoire juive, il avait vu son domicile mis à sac. Et en janvier 23009, pour s’être insurgé contre l’antisémitisme qui fleurissait dans les manifs de « solidarité avec Gaza », il avait eu le plaisir de voir sa voiture en partie détruite.

Comme quoi, s’il existe bien un islam ouvert et tolérant, ses ennemis sont bien présents et de plus en plus actifs. Et comme quoi, la défense du voile (et, en fait, pas seulement du Niqab ou de la Burka) reste l’un des fers de lance de l’islamisme militant.

On notera qu’il n’y a pas que les Frères musulmans que le débat sur le voile et le Niqab rende fous. Dans un éditorial, le New York Times accuse la France de « violer les libertés individuelles » et « d’attiser la haine » en voulant interdire les voiles entièrement couvrants….

Dans un exercice de haute voltige, le NYT renvoie dos à dos les talibans qui ordonnent aux femmes de dissimuler leurs corps sous un voile entièrement couvrant » et la commission parlementaire française qui recommande « l’interdiction des services publics, dont les écoles, les hôpitaux et les transports publics aux femmes qui portent ces voiles… »

On avait connu le phare de la presse libérale américaine mieux inspiré. Une preuve de plus, s’il le fallait, que trop d’Américains ne comprennent pas grand-chose à l’Europe et absolument rien à la laïcité.

Et une preuve également que le politiquement correct reste l’une des principales menaces contre les libertés. Le jour où certains intellectuels comprendront que c’est la tolérance de l’intolérable qui nourrit la haine et le fanatisme, un grand pas aura été franchi.
On peut toujours rêver….

6 commentaires:

  1. "la tolérance de l'intolérable nourrit la haine et le fanatisme" postulez-vous et peut-être avez-vous raison...
    a contrario, n'est-il pas également vrai que l'intolérance peut produire les mêmes effets?
    je ne suis pas du tout persuadé que l'interdiction totale ou partielle du port du voile/niqab/hidjab/burqa dans l'espace public diminuera le regain de popularité de certains courants fanatiques chez les musulmans; il est sans doute à craindre que la stigmatisation n'arrange pas grand chose au problème.

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  2. Je pense comme anonyme. Mais si une décision d'interdiction devait malgré tout être décidée, j'espère qu'elle concernera toutes les religions ou croyances. Il faudra, par exemple, interdire aussi les perruques des femmes ultra-orthodoxes.

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  3. L'intolérance pas supportable d'un racisme larvée en France, ce refus de dialogues, montre à quel point c'est gens sont manipulés
    Jack Saban

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  4. Stigmatiser : « Blâmer, critiquer, ridiculiser quelqu'un avec dureté et publiquement. » (TLFI). Où est donc la stigmatisation ? Celle que nous risquons d'infliger aux barbus qui voilent leurs femmes ou celle qu'ils infligent à leurs femmes en les voilant ?
    a.dorgel

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  5. je suis d'accord avec le N Y Times sur le principe général de la liberté d'expression religieuse, notamment dans son volet vestimentaire mais comme toute autre liberté individuelle, la liberté d'expression religieuse se trouve limitée par des impératifs d'ordre public qui concerne, non plus tel ou tel individu, mais l'ensemble de la population (et le N Y Times ne peut l'ignorer); dans le cas de la burqa (comme de la cagoule), son port n'est pas compatible avec nos normes de sécurité publique; dans l'espace public, les individus, tout en jouissant de leur liberté d'expression, sont responsables de leurs actes (c'est la contrepartie de la liberté)et à cette fin, doivent être identifiables par l'autorité publique au cas où ils outrepasseraient leur liberté d'expression en commettant une infraction à l'égard d'autrui ou d'un bien collectif; donc, pas de problème à porter la burqa mais chez soi ou dans un lieu privé;
    que cela n'apaise pas les islamistes radicaux, c'est certain puisque seule l'attribution d'un statut légal à la charia mettra fin à leur combat;
    florian

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  6. A quoi bon porter la burqa chez soi...
    Ensuite ce sera des horaires décalés à la piscine pour les hommes et les femmes, les fast food halal, les cinq prières au bureau , à l'école, les policiers qui choisissent leur mission en fonction de leur religion, ou ne pas vouloir serrer la main de son patron lors d'une remise de récompense parce qu'on est une femme, ne pas accepter les ordres d'une patronne ....

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