mercredi 17 février 2010

Une catastrophe ferroviaire et le concept de "responsabilité"

Je ne suis pas un spécialiste de la mobilité ni des chemins de fer, c'est entendu. Je n'ai donc aucun avis "technique" autorisé à donner sur le drame de Hal. En revanche, citoyen et payeur d’impôts d’une part, observateur du monde depuis plus de trente ans d’autre part, je m'y connais un peu en "bonne gouvernance". Je m'en tiendrai donc là.

Cette tragédie, la deuxième à endeuiller le rail belge en moins de dix ans, aurait, semble-t-il, pu être évitée. C'est ce que disent d'ores et déjà plusieurs hauts responsables, dont Luc Lallemand, directeur d'Infrabel (qui gère les réseaux ferroviaires) qui pointe du doigt l'absence de système de freinage automatique sur les trains. De fait, ils ne sont en place que sur un nombre limité de trains et ne seront généralisés que dans les années à venir annonçaient, le lendemain de la catastrophe un administrateur délégué de la SNCB qui aurait mieux fait de se taire. Gérard Gelmini, président d'un syndicat de cheminots parle, lui, de "formation rabotée". De fait, sa durée a été raccourcie d'environ 30% ces deux dernières années. Et on pourrait évoquer également les conditions de travail des conducteurs que le stress et des horaires stupides ne peuvent que pousser à la faute.

On pourrait faire remarque, aussi, que la Belgique a trouvé des centaines de millions sinon des milliards pour construire de nouvelles gare ultra-modernes (à Liège, Anvers ou Louvain) mais pas les quelques dizaines de millions nécessaires à améliorer la sécurité des passagers et des personnels.

Quelques soient les causes de l'accident, sur lesquelles la justice aura à faire la lumière, un constat évident s'impose: quelque chose - au niveau technique ou à celui des procédures - n'a pas fonctionné, et ce dysfonctionnement a causé la mort d'au moins 18 personnes. Dans de nombreux pays, les responsables des sociétés impliquées démissionneraient. De même peut-être que l'un ou l'autre politique de haut niveau. Ne devrait-il pas être (simplement) évident que le fait d'être le "patron" impose une responsabilité évidente lorsque tout va mal?

Encore un mot sur M. Kris Peeters, "Ministre Président" de la Région flamande qui déclarait, lundi: "c'est un nouveau jour noir pour la Flandre". Il n’échappera à personne que, si l’accident à bel et bien eut lieu sur le territoire flamand, une grande partie, sinon la majorité, des voyageurs étaient, eux, des Wallons. Ce brillant politique vient Donc d’innover en inventant un concept nouveau : la « communautarisation du malheur ».

Bref, en Belgique, plus tout change plus tout est pareil et ce n’est pas demain, semble-t-il, que la « culture de la responsabilité » s’installera.

2 commentaires:

  1. Il est certain que kris Peeters a manqué une occasion de se taire...

    Un cheminot confiait hier à un collègue, pour expliquer le mouvement de grève, que si le public était informé du quart des incidents et des risques quotidiens, plus personne ne prendrait le train en Belgique... à méditer.

    Bon ceci dit, vu l'état des routes en Belgique, la voiture ne cosntitue pas une alternative non plus, reste le blindé chenillé, c'est le véhicule de l'avenir !

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  2. exemple parfait de dilution de responsabilité;
    pour la direction, c'est le conseil d'administration qui procède aux choix budgétaires; le conseil d'administration est l'émanation du pouvoir politique, le pouvoir politique, c'est le parlement;
    conclusion théorique: tous les électeurs sont responsables;
    conclusion pratique: personne n'est responsable;
    florian

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