mercredi 28 novembre 2012

La droite (vraiment) la plus bête du monde...

C'est à Guy Mollet que l'on doit ce jugement, si souvent répété depuis, voulant que la droite française soit "la plus bête du monde".

Les joyeux duettistes Jean-François Copé et François Fillon sont en train de lui donner raison. A un niveau sans doute jamais atteint dans toute l'histoire de la Cinquième République.

Petit rappel: certes, la droite a perdu la Présidentielle et les législatives au printemps dernier, mais son meilleur allié était sans doute le nouveau Président de la République lui-même.

Le "Président normal", à force de ne rien décider, de décider un jour le contraire de ce qu'il avait décidé la veille ou de décider sur des choses qui intéressent peu les Français, était arrivé à atteindre, en cinq mois, la plus basse côte de popularité jamais atteinte par un Président depuis 1958.

Une présidence terne et sans relief, un gouvernement médiocre et amateur, un évident manque de "leadership", une politique peu lisible et les habituelles querelles et autres dissensions entre socialistes, écolos et "gauchistes" tendance Mélenchon travaillaient pour la droite.

Il lui suffisait d'attendre, de mener une opposition constructive et d'avoir de l'initiative. Le reste de la partition était écrit: à ce rythme, la droite revenait au pouvoir dans quatre ans et demi.

Mais c'était, sans doute, trop demander.

La machine à perdre qui sommeille (mais jamais très longtemps) chez les néogaullistes s'est réveillée.

On assiste donc, depuis quelques jours à la plus incroyable crise que la droite ait connue depuis trente ans.

Entre anathèmes, insultes, coup de forces, insinuations et autres descentes d'huissiers, rien ne nous a été épargné. Jusqu'à la ridicule idée d'organiser un référendum pour savoir s'il fallait revoter (pourquoi ne pas déranger les militants trois fois - en comptant le premier scrutin - si une seule fois suffit?)

Bref: grosse fatigue et sentiment d'immense gâchis.

Et je suis loin d’être le seul à le penser. Chacun des deux protagonistes perd 6 points de popularité au dernier "baromètre TNS-Sofres" et la déculottée est pire chez les sympathisants UMP: - 17 points pour Copé et - 10 pour Fillon.

Il est vrai que, pendant que les barons s'étripent, le peuple, lui, souffre, broyé par la pire crise que l'Europe ait traversée depuis 1945. Un "détail" qui semble avoir échappé aux duettistes et qui méritait, peut-être, un peu plus de retenue et de décence...

Claude MONIQUET